Test de Blazblue Central Fiction

2016 a été une année prolifique en jeux de combat, entre Guilty Gear Revelator et KOF IV, qui ont fait le pari de la 3D, et un Street Fighter 5 décevant à la sortie ; il ne manquait qu'un grand absent, Blazblue, second fils prodige du studio japonais Arc System Works. Blazblue a, lui, décidé de rester sur son look anime 2D , pour le plus grand bonheur des fans de longue date.

Sorti le 4 novembre en Europe sur PlayStation 4 , Blazblue : Central Fiction est la suite de Blazblue : ChronoPhantasma/Extend et est donc le 4ème et dernier épisode (canon) de la très populaire série de jeux de combat produite par Arc System Works et développée par la BBteam.

Blazblue a été pensé comme un jeu facile d'accès. Son producteur a toujours fait le parallèle entre Guilty Gear et sa série ; il désigne Blazblue comme facile à jouer et facile d'accès tandis qu'au contraire il considère Guilty Gear comme beaucoup plus technique à maîtriser.

Il y a du vrai ! Mais le jeu n'est pas aussi simple qu'on le pense et il est nécessaire de refaire une rétrospective pour bien situer le jeu.

Test de Blazblue Central Fiction

Précédemment dans Blazblue

Le premier opus de la licence, Blazblue Calamity Trigger, est sorti en arcade en 2008 puis a connu une sortie sur consoles (PlayStation 3/Xbox 360) ainsi que sur PC. Il nous introduit pour la première fois Ragna The Bloodedge et tout un tas d’autres personnages dont l’histoire gravitera bien évidemment autour de Ragna, de la même façon que l’histoire de Guilty Gear tourne autour de Sol Bad Guy.

Sa suite Continuum Shift suit le même chemin, sans version PC cette fois. Elle introduit deux nouveaux personnages sur la base des 12 déjà présents et des nouveaux stages. Un patch voit le jour : dénommé Revision Pack, il donne naissances aux portages 3DS et PSP, sous le nom de Continuum Shift II, et à une troisième version (Continuum Shift Extend) qui laissera un goût amer aux fans régulier de la licence, car celle-ci est payante ; le nouveau personnage ajouté et les quelques nouveaux segments du story mode ne suffiront pas à convaincre les fans.

Une nouvelle suite, ChronoPhantasma, voit le jour en 2014 sur consoles avec tout un tas de nouveaux personnages - sept pour être précis - et la suite de l’histoire de l’univers Blazblue. Et pour ne pas déroger a la règle , ChronoPhantasma Extend sort ensuite, seconde version également payante et apportant avec elle son lot de mises à jour et deux nouveaux personnages.

Nous voilà donc arrivé cette fois-ci sur Central Fictionet, espérons-le, sur la version définitive et la plus complète qu’il soit. À noter que Central Fiction est complètement autonome, c’est-à-dire qu’il ne nécessite nullement des anciennes version de Blazblue. Je vous recommande tout de même de jouer aux anciennes versions si vous voulez essayer essayer de comprendre l’histoire qui est très compliquée à suivre. En effet, celle de de Central Fiction reprend là où ChronoPhantasma s'était arrêté, offrant une continuité avec les épisodes précédents de la série. Prendre le train en marche peut se révéler compliqué sur ce point, ce d'autant plus que les jeux dérivés de la licence Blazblue n’arrangent en rien les choses, car eux même se mêlent au lore des jeux de base et qu'il y a tellement d’éléments et de concepts différents qu’il est impossible de tout comprendre immédiatement.

Néanmoins, pour faire un peu de mise en contexte en omettant les éléments qui sont difficilement compréhensibles, l'histoire de Blazblue peut se résumer à l'apparition de Ragna dans l'univers de la franchise. Ragna cause du tord à la Novus Orbis Librarium (le NOL) et détruit pas mal de leurs secteurs ; c’est ainsi qu’il gagne le nom de Ragna The Bloodedge. Le NOL place donc une prime sur sa tête. Et au long de l’histoire, on découvrire que Jin (major du NOL ayant une grande place dans l’histoire) est le frère de Ragna ; une forte rivalité les anime tous deux.

Plus tard, de nouveaux personnages apparaissent un à un, souvent pour essayer d’obtenir la prime mise sur la tête de Ragna, mais ils cachent généralementune histoire derrière eux : une sœur disparue qu’on aimerait retrouver, une vengeance, etc. D’autres personnages font ensuite leur entrée  et cette fois-ci ils sont directement liés à Ragna ; ils désirent causer la fin de l’humanité telle qu'ils la connaissent et seul Ragna a la possibilité de stopper ça. Les raisons de leurs actions et la conclusion finale sont à découvrir sur Central Fiction.

Pour ceux qui aimeraient vraiment découvrir tous les détails , je vous invite à lire ce site , qui a fait le référencement de tous les events de Blazblue : http://blazblue.kumodori.com/.

 

Gameplay

Central Fiction reprend les mêmes codes que les précédents chapitres de Blazblue, avec les particularités propres à la série plus quelques ajouts.

Le fonctionnement du jeu reste classique : le but du jeu est de mettre l'ennemi à 0 point de vie ou d'avoir le plus de vie après le décompte du chrono et de gagner deux rounds.

Niveau jouabilité nous retrouvons un layout de jeu sur 6 boutons. Les coups se nomment A B C D, équivalent au Punch + Kick + Slash + HeavySlash de Guilty Gear, sans oublier le Taunt et la touche SP qui ne sera utilisable qu'en mode Stylish, terme qu'on expliquera plus tard.

La touche D est la touche de Drive, touche qui enclenche une faculté propre au personnage. Par exemple, l’épée de Ragna devient une faux immense et permet de récupérer un peu de vie à chaque coup donné à l’adversaire avec cette même touche. À noter que le drive ne casse en rien le dynamisme des combos et vous pouvez bien évidemment commencer un combo avec si cela vous enchante, Blazblue étant assez souple sur la rigueur de ses combos.

Il en est de même pour les mouvements, Blazblue proposant un système de mouvement beaucoup plus mobile que les autres jeux de combats. Il est possible de réaliser un air dash (en sautant et en appuyant ensuite deux fois sur la direction voulue) pour littérallement planer un court instant vers la gauche ou la droite de l’écran. C’est un bon moyen de surprendre l’adversaire et d'initier des combos. Il est également possible de se défendre dans les airs en tenant la direction opposée à celle à laquelle votre personnage fait face.

 

L'HUD du jeu est tout aussi classique, quoi qu'un peu déconcertant pour ceux qui oseraient se jeter directement dans les combats sans avoir fait les tutoriels. Nous y retrouvons nos points de vie respectivement en haut à gauche et en haut à droite de l'écran. Juste en-dessous, c'est la barre de Barrier block, petite barre qui s'épuise au fur et à mesure qu'on utilise la garde magique, qui sert à bloquer les dégâts des attaques spéciale.

En bas de notre écran, nous retrouvons la barre de HEAT, une barre qui progresse en fonction des dégâts émis et reçus et qui se vide en fonction des attaques spéciales ou des DISTORTION DRIVE que vous sortirez ; ces dernières utilisent en général 50% de la barre de HEAT.

Et finalement, en bas du portrait du personnage se trouve l’icone d’OVERDRIVE, petit cercle orange qui se régénère dans le temps et qui s’active en pressant A + B + C + D. Si le cercle atteint le numéro 10, il sera a nouveau utilisable. L’utilité de l’OVERDRIVE est de sortir un DISTORTION DRIVE encore plus puissant et est donc à utiliser sans modération.

 

Deux modes de contrôles sont possibles. Le mode Technical, type de jeu classique, fait pour ceux qui ont déjà touché au moins une fois aux jeux de combat. Et un autre mode qui a vu le jour dans Guilty Gear Xrd, le mode Stylish, destiné aux néophyte des jeux de combat et qui facilite grandement les combats.

En effet, vous pouvez appuyer en continu sur n'importe quelle touche  et votre personnage sortira de lui même des combos plutôt puissants en fonction de la distance de l’adversaire qui se seraient révélés techniques à faire en mode de contrôle classique. Le mode Stylish fonctionne donc de la même manière que l'assistance à la visée dans les FPS, mais avec des déplacements automatique en plus ! C’est pour cela que je vous conseille de ne pas trop en abuser ; c’est sympa pour se donner une idée du personnage, mais je ne pense pas qu’il y a possibilité de rivaliser avec un joueur de niveau moyen dans ce mode.

 

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Cet épisode propose un raffraichisement des systèmes de jeu ainsi que quelques ajouts, dont l'Active Flow qui fait gagner un bonus de dégats de 10% ainsi qu'une regénération plus rapide de la jauge de HEAT. L’autre ajout est l'Exceed Accel, un type d’attaque disponible quand vous êtes sous l’effet de l’overdrive.

Pour l’utiliser , vous devez vous mettre dans l’état d’OVERDRIVE et refaire la manipulation à nouveau ; votre personnage effectuera alors une puissante attaque. À noter que vous êtes invulnérable pendant les frame de startup de l’animation, du coup il est difficile de contrer ça : le risk/reward reste assez avantageux pour celui qui l’utilise !

On ne va pas se le cacher, ce Blazblue, comme son grand frère Guilty, demandera une certaine rigeur technique et un peu de mémoire si vous voulez gérer complétement et vous souvenir de toutes les mécaniques du jeu ainsi que des personnages (et encore plus si vous voulez briller en online). Rien de nouveau dans l’univers des jeux de combat !

 

Modes de jeu

À propos des modes de jeu, nous sommes gâtés tant il y en a ; on retrouve notre compte avec des modes de jeu classiques et bien organisés, qui combleront certainement tout type de joueurs, du casual au hardcore gamer. On retrouve donc en premier le menu PRACTICE, qui sera l’étape obligatoire pour tous ceux qui découvriraient Blazblue ou les jeux de combats et qui est nécessaire pour se familiariser avec les nouveaux ajouts de la série ainsi que le mode training, où vous passerez beaucoup de temps pour affûter vos compétences et votre connaissance de votre personnage. Il est possible de régler le personnage BOT pour lui donner des actions à faire (comme sauter/s’accroupir ou faire un combo à un moment précis) et de nombreuses options sont disponibles. Le menu PRACTICE comprend aussi le mode challenge, qui est une série de défis à réaliser d'une difficulté croissante, avec chacun un personnage imposé ; c'est un très bon moyen de découvrir les personnages.

 

Le second menu intègre le mode Histoire qui reprend là où Chrono Phantasma avait terminé. L’histoire est contée sous forme d’un visual novel entrecoupé de combats ; prévoyez entre 5 et 10h pour finir l’histoire.

 

Le menu Battle est découpé en 5 modes :

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  • Arcade : une succession de combats entrecoupés en 3 actes, qui eux mêmes racontent l'histoire du personnage que vous jouez.  
  • VS : le moyen le plus rapide pour s'en mettre plein la tronche avec un ami sur votre canapé (ou alors s'en prendre plein la tronche par l'IA en difficulté max). Il est possible de choisir le stage de son choix et la musique qui accompagnera.
  • Grim of The Abyss : à peu près similaire au mode M.O.M de guilty gear xrd, vous devez battre une série d'adversaires jusqu'à avoir le droit de passer au niveau suivant. Chaque adversaire éliminé rapporte de l'xp jusqu'à monter de niveau ; vous aurez alors la possibilité d'attribuer des points dans chacune des stats du personnage, dont la puissance d'attaque  de défense ou encore les points de vie, comme dans un vrai RPG.
  • Score Attack : vous enchaînez une série de combats et devez accumuler le plus de points pour être classé dans un leaderboard comme à l’ancienne. Cependant, l’intérêt est vite limité et vous ne passerez sans doute pas des heures dessus.
  • Speed Star : un mode plutôt atypique. Votre personnage est invincible et vous avez le choix entre trois modes de difficulté (facile, moyen, difficile). Le but de ce mode est d’utiliser le maximum d’OVERDRIVE et de coups spéciaux ainsi que de battre votre ennemi le plus rapidement possible afin de gagner des bonus de temps ; c’est une vraie course contre la montre. C’est un mode sympa du fait qu’il soit un peu différent des autres, mais comme le mode score attack, vous ne passerez pas des heures dessus.                             

 

Dans le mode online vous pourrez tester vos capacités acquises jusque-là contre des joueurs autour du monde. Vous avez la possibilité de faire des matchs classés avec règles fixes et d'apparaître dans des classements. Vous devez donc choisir votre personnage et sa couleur avant de lancer la recherche. il est aussi possible de faire autre chose que d'attendre devant l’écran que le jeu trouve une partie : vous pouvez ainsi retourner en mode training pour retravailler un combo au dernier moment.

Les matchs normaux sont aussi présents et en plus personnalisables. Vous pouvez régler le nombre de rounds gagnants, jusqu’à 3, couper l’accès à votre room à ceux qui auraient des mauvaises connexions, changer le nom de votre room et bien sûr inviter des amis à la rejoindre.

Petite feature sympa également, il est possible de modifier esthétiquement votre room. En effet, celle-ci est un espace 3D, à la manière des lobbys sur Guilty Gear Revelator. Inutile donc indispensable !

Autre ajout sympa dans la catégorie online, l'apparition des forums de discussion ; c'est une bonne chose pour pouvoir se donner des astuces sur ses personnages préférés  ou alors crier au nerf sur un personnage qui serait trop fort…

On y retrouve aussi le leaderboard, qui inclut tous les modes de jeux.

PS : L'utilisation des services online nécessite un abonnement PS plus.

 

Enfin, le mode galerie est l’endroit qui regroupe tous les artworks, cinématiques déjà visualisées et musiques du jeu. Il est possible d’acheter de nouveaux artworks directement dedans avec la monnaie que vous récupérerez en complétant des modes.

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Roster

Côté roster, cette nouvelle mouture nous propose sept nouveaux personnages (dont 3 uniquement en DLC) qui viennent grossir les 27 autres personnages déjà bien divers dans leurs gameplay et ayant reçus des mises à jour d’équilibrage. Ces nouveaux personnages jouables ont tous évidemment leur rôle dans l'histoire principale du jeu.

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  • Naoto Kurogane : personnage très mobile et offensif à courte portée se battant à l'aide de ses poings. Ce personnage est le protagoniste du novel Blazblue : Bloodedge Experience.
  • Hibiki Kohaku : soldat de l’unité NOL s'aidant d'épées courtes et de coups rapide ainsi que d'illusions pour désorienter l'adversaire. Il se joue presque comme Chipp Zanuff de Guilty Gear.
  • Nine The Phantom : la magicienne la plus puissante de l’univers Blazblue, très compliquée à approcher au corps a corps tellement elle regorge d'options d'attaque magique à longue distance.
  • Susanoo : impressionnante fusion de Terumi et de Hakumen. Assez lent dans ses déplacements, il compense ça grâce à sa bonne portée et à ses bons dégâts. Il se débloque après avoir fini l’histoire principale.
  • Izanami, ES et Mai Natume sont aussi d’autres personnages présents dans l’histoire, mais sont uniquement accessibles via un DLC (6,99€ dans le store).

Graphismes et bande son

Blazblue Central Fiction reprend les mêmes sprites 2D et des stages 3D des anciennes versions (en plus des nouveaux ajoutés dans cette dernière édition). On applaudira l'animation et les effets qui sont toujours un sans faute et qui malgré les années font toujours plaisir aux yeux. On est toutefois un peu déçu que le jeu ne soit pas passé sur l'Unreal Engine. Celui-ci avait vraiment apporté un vent de fraicheur dans le chara-design et l'animation de l'univers de Guilty Gear (-sign- et Revelator ont utilisé ce moteur de jeu ). Du coup, on est juste impatient de voir la transition, si un jour elle se présente.

La bande son composée par Ishiwatari Daisuke reprend les thèmes classiques de Blazblue avec une couche de remixages en plus. Non loin de nous déplaire, la musique reste survitaminée et demeure un bonheur à ré-écouter ; elle donne une énergie et du rythme tout au long des combats.

 

Conclusion

Blazblue Central Fiction conclut en beauté la série et l’arc principal. C'est un très bon jeu de combat, mais il n'est pas révolutionnaire, en dépit des nouveautés de gameplay et de roster très fourni. On est un peu déçu d’avoir autant de personnages sur le PlayStation Store. Ce Blazblue est un vrai régal à jouer et à regarder, mais demandera un certain degré de technique pour être apprivoisé à plus haut niveau, comme son grand frère Guilty Gear. Il est sans doute le meilleur épisode de Blazblue et est tellement complet qu’il vous occupera pendant un long moment.

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Test réalisé par Raph à partir d'une version fournie par l'éditeur.

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